Adapter la forêt aux conséquences du dérèglement climatique

Suite à l’élaboration d’un diagnostic et d’une stratégie sur l’agriculture et la forêt (voir Agriculture et forêt - Les enjeux), le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie souhaitent planifier une agriculture et une forêt moins vulnérables face aux dérèglements climatiques et plus vertueuses en termes d’énergie et de gaz à effet de serre.
Dans ce cadre, toutes les propositions seront étudiées.

Alors, selon vous, comment adapter la forêt aux conséquences du dérèglement climatique ?

Propositions du Club Climat issues de l’atelier du 4 février :

  • Réduire les boisements qui assèchent les ressources en eau et les zones humides
  • Développer des systèmes de récupération d’eau de pluie sur les bâtiments agricoles
  • Encourager la plantation d’espèces qui consomment peu d’eau
  • Diversifier les essences forestières
  • Favoriser le bocage et l’agroforesterie
  • Suivre l’évolution des boisements et replanter les essences adaptées
  • S’appuyer sur une charte forestière, un plan de massif, et un plan de boisement

Le compte-rendu complet est ici : Comptes-rendus Ateliers Club Climat

Réduire les boisements? Dans le Cantal, on n’est pas en situation d’excès de boisement. Par ailleurs, même s’il est vrai que la forêt consomme (un peu) plus d’eau que les cultures, elle présente d’autres avantages: ainsi, elle favorise l’écoulement des eaux en profondeur. D’autre part, sachant que les résineux transpirent davantage que les feuillus (du fait de leur feuillage persistant), on tient là un argument de plus pour augmenter la proportion de feuillus dans le boisement. Reste à savoir quels feuillus, compte tenu du réchauffement. Espérons que le Cantal ne basculera pas vers des boisements d’eucalyptus!

PLANTER DES ARBRES MEME DANS LE CANTAL!!!
Voilà un sujet qui mériterait une commission spéciale. Énormément de travaux récents de recherche ont été produits sur les arbres et nous devons nous en inspirer car les découvertes sont fulgurantes et elles forcent le respect!

  • les arbres communiquent entre eux par voie chimique pour se nourrir, s’entraider, transporter des éléments nutritifs, l’eau.
  • Les arbres ont un impact sur le régime des pluies.
  • Contrairement à ce qui est souvent répété à tort et à travers, les spécialistes des arbres n’ont observé que des bénéfices à la présence de bois morts au sol même en grande quantité (biodiversité, enrichissement des sols, acides fulviques et humiques dans les profondeurs (puits de carbone) .
    Et puis tout ce qu’on sait depuis des millénaires mais qui ne se traduit pas dans nos actes:
  • la haie est une amie!!! Biodiversité, gibier, rétension de l’eau, limitation de l’érosion, apport de nutriments, de l’ombre pour les animaux d’élevage, du bois pour le chauffage, la beauté d’un paysage.
    Rien que pour ses relations avec l’eau - on nous annonce des sécheresses de plus en plus longues et intenses - nous devons nous positionner sur la direction que nous souhaitons prendre sur la question du boisement, des essences.

Pourquoi on arrache des haies? Pour gagner du temps et de la performance… pour gagner sa vie. Replanter des haies signifie que la collectivité doit financer ce bien collectif. Les agriculteurs ne peuvent pas financer le maintien de contraintes de travail (temps de récolte, entretien, plantation, moins de rendement) tout en produisant de la qualité au meilleur prix!
Tant qu’on accusera les agriculteurs on y arrivera pas!
A méditer

Réponse à Resil
D’accord à 100% pour les haies. Et aussi avec votre dernière phrase. Le dialogue avec les agriculteurs est pratiquement rompu. Pourquoi? C’est un mal actuel: on ne sait plus se parler, on n’écoute plus les arguments, et au lieu d’essayer d’y répondre par d’autres arguments, on cherche à déconsidérer l’interlocuteur, considéré désormais comme un ENNEMI!
L’impact des arbres sur le régime des pluies? Pas prouvé. C’est probable pour les immenses massifs des régions tropicales, mais si dans le Cantal, par exemple, on observe plus de pluies sur les régions boisées, il n’y a pas de rapport de cause à effet, c’est seulement dû au fait que les forêts sont situées dans des zones d’altitude où il pleut davantage (je cite là une source professionnelle des exploitants forestiers, qui n’ont aucun intérêt de donner cette information!, qu’on peut donc ne pas considérer comme suspecte).
Quant à adapter la forêt au changement climatique… ce n’est certainement pas les participants aux réunions du plan climat qui ont la solution. C’est un domaine extrêmement technique, qui est de plus rempli d’incertitudes. Ce qui, naturellement, n’empêche pas qu’il y ait urgence.

Une autre raison de l’arrachage des haies, c’est que c’est considéré comme un augmentation de la surface cultivée, et que cela augmente les PRIMES. Encore un effet pervers du système.

Encore une fois totalement d’accord avec vous. Et pour avoir participé à certains clubs climat, je suis surpris de voir ces comptes rendus.