Adapter le tourisme au dérèglement climatique

Suite à l’élaboration d’un diagnostic et d’une stratégie sur l’économie locale et la consommation (voir Economie locale & Consommation - Les enjeux), le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie souhaitent planifier une économie locale et des consommations plus vertueuses en termes d’énergie et de climat.
Dans ce cadre, toutes les propositions seront étudiées.

Alors, selon vous, comment adapter le tourisme au dérèglement climatique ?

Propositions du Club Climat issues de l’atelier du 4 février :

  • Communiquer sur la fin proche du tourisme tel qu’on le connait
  • Arrêter les canons à neige et la « frais » de la station du Lioran.
  • Arrêter de bétonner pour le tourisme
  • Bannir le plastique dans les établissements de tourisme
  • Développer les randonnées (pieds et vélo)

Le compte-rendu complet est ici : Comptes-rendus Ateliers Club Climat

La station du Lioran est actuellement dans une authentique fuite en avant. Ce n’est pas tenable, et le fait que la revue de décembre du conseil départemental ait titré « Le Lioran en mode neige » (défense de rire) n’y change rien. Il faut arrêter les frais!
Pour un tourisme respectueux de l’environnement, il faudrait arrêter de croire à la vertu des « grands projets » censés apporter des foules de voyageurs amenés par bus entiers par des « tour operators ». Ces projets ont tous été des échecs: Io à Valette, le Diamant vert au lac de St Étienne-Cantalès, les subventions accordées à la réalisation d’un hôtel de prestige au château de Comblat, etc. Ces projets ont tous créé des gouffres financiers, sans rien apporter. Il faut donc arrêter de croire à la vertu des « points forts de tourisme ». Cette doctrine obsolète, qui a tout misé sur Salers, le lac de St-Étienne et Garabit, n’a pour résultat visible que la surfréquentation de Salers, aux dépens de quantité de très beaux endroits négligés où personne ne va (Montsalvy, Junhac, St Martin-Valmeroux, Fontanges, Menet…).
Cette croyance en l’intérêt de concentrer les efforts sur de prétendus « points forts » repose en grande partie sur une idée fausse mais très répandue: le randonneur à pied, le cyclotouriste sont des gens « qui ne dépensent rien ». C’est sûr que des milliers de randonneurs dispersés, cela se remarque moins qu’un bus de 50 places qui déverse sa cargaison de touristes à Salers, mais pourtant, toutes les études sérieuses montrent que ce tourisme diffus, qui le mieux adapté au respect des lieux, produit des dépenses considérables.
On semble commencer à comprendre cela. Mais on est tellement « branché communication » (il faut bien faire vivre les bureaux d’étude!" qu’on annonce de formidables « produits » avant qu’ils soient aboutis. Exemple: la Via Arverna, au long de laquelle on ne trouve pas d’hébergement! Autre exemple, toujours sur la Via Arverna: l’ancien hospice St Géraud, à vendre, que la ville d’Aurillac n’a pas voulu acheter alors que c’était un endroit génial pour accueillir les pèlerins. C’est un des rarissimes hospices subsistant sur les chemins de Saint-Jacques! La commune de Pons, en Charente-Maritime, qui possède un hospice équivalent, l’a, elle, utilisé comme gîte sur le chemin.
Je vois « développer les randonnées ». Ce n’est pas les randonnées, qu’il faut développer. Mais la possibilité d’en faire. Cela passe par la réappropriation des chemins accaparés par les riverains et, pour le vélo de route, par l’arrêt des travaux routiers disproportionnés. Il est insensé de voir, à l’heure de la diminution des vitesses, que l’on élargit encore des routes et coupe des virages (et qu’on se bat pour le retour à 90!). La notion de « véloroute », elle, n’a visiblement été comprise par le conseil départemental que comme un argument publicitaire: la véloroute Lot-puy Mary est exactement le contraire de ce qu’est une véloroute. On dira que la CABA n’y est pour rien. Aurait-elle fait mieux? Quand on voit ce que la ville d’Aurillac ose nommer « voie verte » en parlant de la vieille route de Saint-Simon (une route magnifique qui a été littéralement massacrée par l’entreprise de travaux routiers qui l’a aménagée), on peut se poser la question.
Exemple d’incompréhension de la réalité du terrain: il y a maintenant au moins 20 ans, le département (ou l’ancêtre de la CABA?) demande une énième étude sur le « Grand site Puy Mary », et le bureau d’études de conclure qu’« il n’y a pas grand-chose d’autre à faire dans ces montagnes que de se livrer à des activités contemplatives » (!). On saisit immédiatement ce qui est suggéré: le Cantal manque d’animations, de points forts, voire… de parcs d’attraction! Le bureau avait là caressé la collectivité publique dans le sens du poil. Pourtant, la notion d’activité contemplative n’était pas idiote. Pourquoi le touriste vient dans le Cantal? Pour voir le paysage (et le patrimoine). Ce qui devrait orienter la réflexion sur les moyens de développer le tourisme: comment préserver nos paysages (qui ne sont pas préservés, contrairement à ce que la publicité institutionnelle se plaît à rabâcher), et comment mettre en valeur notre patrimoine (qui n’est pas fait que d’églises et de châteaux, mais de villages entiers, qui se dégradent d’année en année).
Si ces objectifs étaient réalisés, le touriste venu pour trois jours se dirait que finalement, pourquoi ne pas rester plus longtemps, et pourquoi pas… revenir!

Ces considérations sur le paysage et le patrimoine sont un peu hors-sujet par rapport au problème du réchauffement. Mais je suis parti de propositions recueillies à l’atelier du 4 février.