Agriculture et forêt - Les enjeux

Le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie ont demandé à un bureau d’études spécialiste (B&L évolution) de réaliser un diagnostic du territoire sur les enjeux climat-air-énergie. Voici de façon synthétique les grands enjeux du territoire concernant l’agriculture et la forêt.
Lien vers le document plus complet avec les données et analyses plus détaillées :
Agriculture_sylviculture.pdf (663,6 Ko)
N’hésitez pas à enrichir ces enjeux !

-Re développer les haies, et la plantation d’arbre (absorbe le carbone, lutte contre l’érosion des sols, protéger les animaux et des bâtiments du vent, développe la biodiversité……)

-encourager les exploitations à taille humaine

-inciter les cantines à consommer locale (viande et produits laitier,….)

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Produire local va diminuer les déplacements pour l’acheminement des marchandises alimentaires, la production locale doit être aussi sensible à l’utilisation d’engins moins polluants, pour le maraîchage l’utilisation de la traction animale est un bon compromis et surtout un bien pour l’air…

Bonjour,
Le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie ont avancé dans l’élaboration de leur Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) : ils ont définis des axes prioritaires et des objectifs chiffrés en termes de réduction des consommations d’énergie et des gaz à effet de serre.
Ci-dessous les axes stratégiques retenus pour l’agriculture et la forêt, dans un ordre de priorité. Ces axes servent de cadre pour émettre vos propositions d’action, qui seront étudiées pour le Plan Climat du territoire.
Rendez-vous ici : https://planclimat.scotbacc.fr/c/ateliers-citoyens/agriculture-foret/30 pour proposer des actions dans chacun des axes.

Document complet : BACC_PCAET_Stratégie_Agriculture_Foret.pdf (908,1 Ko)

Réformer l’agriculture doit répondre à de multiples problèmes: adaptation au changement climatique, perte de biomasse et dégradation des sols, sécheresses de plus en plus inquiétantes et économies d’eau nécessaires, perte de biodiversité, rejets de gaz à effet de serre, pénurie d’'énergie bon marché en vue… sans compter la désertification des campagnes.
Pour diminuer (ou stopper) les rejets de gaz à effet de serre, on parle de retour à la traction animale. Autant cela peut se faire pour les productions sur petites surfaces (beaucoup d’exemples réussis en maraîchage), autant on a du mal à imaginer que le paysan pourrait envisager sereinement de passer de son tracteur avec cabine à l’inconfort et à la pénibilité du retour à la charrue tirée par des animaux! C’est pour cela qu’on trouve souvent l’invocation aux biocarburants. Est-ce imaginable?
Si le biocarburant, c’est le diester, NON. Le bilan de ce carburant est très mauvais, voisin de zéro (les chiffres varient selon les études), en raison de l’énergie dépensée dans de multiples transports (entre les lieux de production du maïs et l’usine d’alcool, entre les lieux de production des oléagineux et la presse à huile, puis du lieu de production de l’alcool et de l’huile jusqu’au lieu de synthèse du diester, et ensuite de ce lieu jusqu’aux exploitations, sans compter l’énergie nécessaire à la transformation.
Par ailleurs, il serait impossible d’assurer en France la production de carburant nécessaire, compte tenu de la faible surface du pays (et du fait que la presque totalité de ce carburant servirait à entretenir la filière. On invoquerait alors le recours aux biocarburants importés! Bilan encore pire, vu les distances. Et surtout, l’importation reviendrait à affamer des populations lointaines (c’est ce qui se passe au Brésil, par exemple) pour nourrir… nos tracteurs. Évidemment le type même de la mauvaise solution.
Imaginer que le recours aux biocarburants pour tous les véhicules est de toute évidence une absurdité (et une cause d’augmentation des inégalités dans le monde). Mais est-ce à dire que les biocarburants seraient à bannir pour l’agriculture?
Sans doute pas.
Avant la mécanisation, une proportion importante du territoire agricole ne servait pas à nourrir les hommes, mais les animaux de trait. Ce ne serait pas aberrant qu’il en soit de même avec les tracteurs. Mais à une condition:
— Que le biocarburant soit utilisé en autoconsommation. Donc produit sur la ferme, et non transformé. C’est à ces seules conditions que le bilan énergétique est acceptable. Cela signifie donc production de colza ou de tournesol sur la ferme, pressage à la ferme avec une presse en propriété collective (dans le cadre d’une CUMA par exemple). On évite ainsi tous les transports. Cette utilisation d’huile brute signifierait bien sûr équipement des machines en bi-carburation, l’huile brute n’étant utilisable que sur un moteur chaud. Ce système a été expérimenté au Teulet, je ne sais pas où ça en est aujourd’hui.
L’autre solution pour diminuer les rejets et agir avant la disparition du pétrole et son renchérissement est évidemment la diminution du travail de la terre: semis direct, agroforesterie, plantes de couverture, etc. Les recettes sont connues. M

Apparemment, les commentaires sont plafonnés à 3 000 caractères. Je me réponds donc à moi-même.
Diminution du travail du sol, donc, mais sans recours aux désherbants, cela va de soi, même si c’est plus compliqué.
Pour les économies d’eau (rappelons que le secteur agricole est le premier consommateur), il faut renoncer aux cultures gaspilleuses, donc en premier lieu au maïs. Et trouver des produits de substitution. Ceux qui font du sorgho en sont très contents, par exemple. Si le maïs n’était cultivé que dans les régions à climat favorable, le problème disparaîtrait (avec ce bémol que… le climat change!).
Le maraîchage? N’en attendons pas de miracles. Le Cantal ne sera pas armé pour concurrencer les régions plus basses et plus chaudes, qui garderont un avantage sur les grands marchés urbains. C’est le marché local qu’il faut viser (excepté si le Cantal produit un légume miracle qui ne pousse pas ailleurs!). Le changement climatique? Nul ne peut dire actuellement s’il sera une chance ou non: allongement de la saison végétative, certes, mais en revanche possibilité de sécheresses accrues.
La question de l’élevage est souvent évoquée. Il est sûr que l’on mange trop de viande en France (avec toutes les conséquences en termes de santé, mais aussi de gaspillage de surface agricole). Mais il ne faut pas oublier que, au moins dans le massif volcanique, ce qui pousse (poussait?) le mieux est l’herbe, qui ne peut être valorisée que par l’élevage!
L’utilisation du foin séché en grange (avec plancher soufflant) permettrait d’avoir les avantages de l’ensilage (herbe coupée au meilleur moment) sans les inconvénients (dépense excessive d’énergie, énormes déchets plastiques, moins bonne qualité du lait, maladies du bétail…).
On objectera que si le recours à la mécanisation baisse, il faudra, soit réduire la taille des exploitations, soit que les paysans embauchent de la main-d’œuvre. Tant mieux! La fin de l’exode rural, ce n’est pas des lotissements pour gens qui travaillent à Aurillac qui vont l’arrêter, ni l’attente de ces fabuleuses « entreprises » fournisseuses de main-d’œuvre et qui n’ont aucune raison de venir dans la campagne cantalienne. Il est certain qu’un tel changement nécessite aussi un changement des circuits de commercialisation, qui actuellement paient très mal l’agriculteur. Mais il faut reconnaître que ceux qui ont pris le virage de la vente directe et de la valorisation sur la ferme (souvent avec désintensification!) sont ceux qui s’en sortent le mieux.