Développer l’éolien

Suite à l’élaboration d’un diagnostic et d’une stratégie sur le développement des nouvelles énergies (voir Nouvelles énergies - Les enjeux), le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie souhaitent planifier une production d’énergie issues des ressources locales et renouvelables.
Dans ce cadre, toutes les propositions seront étudiées.

Alors, selon vous, comment développer l’énergie éolienne ?

Propositions du Club Climat issues de l’atelier du 4 février :

  • Prendre en compte les paysages remarquables dans la collectivité et étudier la preuve chiffrée de l’efficacité des éoliennes

Le compte-rendu complet est ici : Comptes-rendus Ateliers Club Climat

Il n’y a pas d’objection valable à l’intérêt de la production d’électricité éolienne. Il n’est qu’à voir, par exemple, les résultats en Espagne, où certains jours la totalité de la production a été d’origine éolienne. Le débat sur les infra-sons, lui, est carrément surréaliste. On entend également dire que l’intermittence de la production éolienne oblige à brûler davantage de charbon (comment expliquer alors que l’Allemagne ait réussi – faiblement il est vrai – à diminuer son empreinte carbone?).
Le seul débat qui vaille la peine est celui de l’impact paysager. Dommage qu’il soit si mal entamé. D’un côté, les partisans de l’éolien à tout prix vantent le fait que les éoliennes « créent un paysage » (on s’e, passerait!). De l’autre, des anti-éoliens qui, au lieu de chercher à analyser les données de l’impact paysager, cherchent par les moyens les plus ridicules à prouver que l’éolien est la pire des choses, qu’il rend les riverains malades et provoque le recours accru aux combustibles fossiles.
La question paysagère vaut pourtant la peine d’être posée et analysée. Des centaines d’éoliennes immenses dans la Beauce, la Brie, la Vendée, la Mayenne… ou au grand large: aucun problème. Elles auraient presque tendance, comme le disent les partisans, à « créer un paysage ». Dans des massifs montagneux très hauts (Alpes), elles s’effacent presque devant les dimensions du paysage. Mais le cas le plus difficile est celui des régions de collines et de moyenne montagne où, effectivement, les grandes éoliennes « abîment » le paysage. Il est dommage que peu de personnes aient analysé le pourquoi de cette sensation, qui tient essentiellement à une chose: le choix du gigantisme. Il est sûr qu’une ou plusieurs éoliennes de 150 m en bout de pales (il y en a de plus grandes encore) font perdre au spectateur la notion d’échelle. Les distances, les hauteurs, sont incroyablement rapetissées. On peut dire alors que « le paysage industriel » (car c’en est un) prend toute la place.
Que faire? Aller voir les quelques endroits où on peut voir de petites éoliennes (20-30 mètres). On s’aperçoit alors que l’impact n’a plus rien de comparable. Il y a là une piste qui n’a pas été étudiée. C’est d’autant plus dommage que ces éoliennes sont fabriquées! Il suffit de consulter un catalogue pour s’en convaincre.
Bien sûr, on comprend que les entreprises d’énergie éolienne font des économies d’échelle en installant les éoliennes les plus grandes possible, et que le vent est plus fort et plus régulier à plus haute altitude, mais doit-on massacrer les paysages pour que quelques entreprises fassent des économies d’échelle?
L’autre question posée par les éoliennes est les dégâts sur les oiseaux. ici, il faut noter que les études d’impact en la matière sont généralement bien trop superficielles.

En ce qui concerne l’énergie éolienne, l’idée de grandes éoliennes pourquoi pas, mais attention car bientôt entre les éoliennes, les champs de photovoltaïques et des digesteurs de Biogaz - autant d’équipements aucunement résilient car complexes - on aura fini d’achever/détruire la poésie du Cantal et un monde sans poésie est un monde triste (banlieues). La résilience énergétique doit s’opérer selon moi à l’échelle d’une commune. Une convention citoyenne locale permettrait aux habitants d’un village de se projeter et de s’approprier la question de l’autosuffisance.

L’idée de l’autosuffisance (qui est un autre nom de l’autarcie) est séduisante, mais restera longtemps du domaine du rêve. On peut tendre le plus possible vers elle, mais l’économie d’échanges est loin de n’avoir que des côtés négatifs. C’est patent en ce qui concerne les objets de consommation courante: oui, c’est aberrant d’acheter des clous en Chine, mais on ne reviendra jamais à la fabrication des clous par le forgeron du village! D’ailleurs, échange peut être synonyme de solidarité, et pas seulement de transports inutiles et de maximisation des profits! L’autosuffisance est en tout cas particulièrement difficile en ce qui concerne l’énergie électrique, en raison de la difficulté (on pourrait presque dire « impossibilité ») de la stocker. L’interconnexion du réseau au niveau national et même international est à cet égard irremplaçable puisqu’elle permet les compensations en zones productrices à un moment et d’autres qui ne produisent pas au même moment. Mais le recours au réseau interconnecté suppose le recours à EDF, qui va dans l’avenir poser un gros problème: l’entreprise n’aura pas d’autre choix que faire payer très cher à l’usager la facture abyssale de son fiasco industriel de Flamanville et du futur démantèlement des centrales nucléaires en fin de vie.