Remodeler l’aménagement via un renouvellement urbain, une réhabilitation des logements vacants et des constructions exemplaires

Suite à l’élaboration d’un diagnostic et d’une stratégie sur l’habitat et l’urbanisme (voir Bâtiment, urbanisme et habitat - Les enjeux), le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie souhaitent planifier un habitat et un urbanisme plus vertueux en termes d’énergie et de climat.
Dans ce cadre, toutes les propositions seront étudiées.

Alors, selon vous, comment remodeler l’aménagement urbain, réhabiliter les logements vacants et favoriser des constructions exemplaires ?

Propositions du Club Climat issues de l’atelier du 4 février :

  • Aménager des espaces communs et des espaces coconstruits avec les habitants permettant entre autres d’encourager la consommation de produits partagés

  • Diminuer le nombre de constructions et faire en sorte que toutes les constructions neuves soient conformes aux règles

  • Avoir un PLUI qui densifie, rapproche et limite l’étalement urbain

Le compte-rendu complet est ici : Comptes-rendus Ateliers Club Climat

« Renouvellement urbain »: l’expression fait peur. Elle ressemble trop au slogan de la ville d’Aurillac: « Construire la ville sur la ville », qui n’est rien d’autre qu’une traduction de celui de Logisens: « Savoir démolir pour mieux reconstruire »!
Si le renouvellement urbain consiste à démolir le centre ville pour y construire des horreurs (exemples multiples: îlot des Frères Charmes, îlot Baldeyrou, immeuble près de la poste rue de l’Olmet, immeuble au coin de l’av. Gambetta et du cours Monthyon, Conseil départemental, projet heureusement abandonné de l’îlot St Géraud…), quel intérêt peut-il bien y avoir à habiter au centre?
Dans le même ordre d’idée, quel gaspillage que d’avoir dépensé de l’argent public pour subventionner des projets au centre sans aucun contrôle, ce qui a permis à des propriétaires radins de faire un maximum d’appartements dans le minimum de volume, en utilisant des matériaux de mauvaise qualité et en généralisant le dispendieux système du chauffage électrique, avec le résultat final que ces appartements restent vides et que la qualité du bâti s’est en réalité dégradée!
Oui, il faudrait encourager la population exilée en périphérie à revenir au centre, où il y a plus de 1000 appartements vides. Mais comment lutter contre la force du modèle véhiculé par les vendeurs de pavillons, les municipalités avides de créer des lotissements et la vision obsédante de personnages de feuilletons américains vivant dans des villas californiennes?
Constructions exemplaires? Évidemment, car on a besoin de modèles. Mais où sont passés les architectes?
Quant à la réhabilitation des logements vacants, elle est soumise à de très fâcheuses normes dont le résultat le plus clair est de transformer des appartements qui avaient du caractère en appartements d’HLM sans aucun intérêt. Comment changer la norme?

L’étalement urbain est un énorme problème. Mais on s’en rend compte cinquante ans trop tard. Cinquante ans de fièvre pavillonnaire, encouragée par le fait que l’habitat collectif construit à toute vitesse dans les années d’après-guerre est rapidement devenu un repoussoir dont personne ne voulait plus (et on le comprend). Comment faire machine arrière? Même si on arrivait à créer un type d’habitat en ville qui donne aux banlieusards une envie irrésistible de revenir en ville, ils ne pourraient le faire qu’en vendant leur maison de banlieue… dont personne ne voudrait!
On est coincés, non? Ou alors quelqu’un aurait-il la solution?

Un point que j’avais laissé de côté car je ne savais pas trop dans quelle rubrique le faire figurer, et dont on n’a pas parlé lors des réunions: l’utilisation inconsidérée du BÉTON.
Le béton est un matériau qui offre des qualités difficilement remplaçables pour certains usages constructifs: planchers béton, poutres de longue portée, poteaux. Malheureusement, on l’utilise sans réfléchir pour bien d’autres usages où il n’est pas pertinent (j’y reviendrai plus loin).
Mais d’abord, pourquoi tant de haine contre le béton?
Pour plusieurs raisons:
1- Le béton est constitué en grande partie de ciment. Or, la production de ciment est terriblement génératrice de CO2. De trois façons: premièrement du fait de la combustion de produits calorifiques (que ce soit du fuel ou même des pneus usagés); deuxièmement, parce que la décarbonatation du calcaire qui intervient dans le processus est elle-même génératrice de CO2 (ce qui n’est pas le cas, par exemple, dans la fabrication du plâtre, qui n’est qu’une déshydratation); troisièmement, du fait de la longueur des transports, encore accrue depuis la fermeture de l’usine de Lexos.
2 _ Le deuxième constituant du béton (sans parler de l’eau) est un mélange de granulats allant du sable aux graviers, et on est là devant une ressource en péril, dont les plans d’exploitation de carrières cherchent à limiter l’exploitation. Or, dans le Cantal, cette ressource est très limitée. Les seuls gisements alluvionnaires (Velzic, Espinat…) sont maintenant (heureusement) fermés, ce qui nous a évité de voire les fonds de vallée transformés en gruyère comme c’est le cas autour de toutes les villes, et il ne reste plus que les gisements sédimentaires du bassin d’Aurillac (Nieudan), qui ne seront pas éternels. Ne restera plus, bientôt, que la solution de fabriquer des granulats à partir de roche massive (granulats anguleux moins appréciés des constructeurs), solution qui dépense beaucoup plus d’énergie.
Je parlais d’utilisation du béton irréfléchie et substituable. Je pensais là à une technique presque générale à Aurillac, en particulier dans les chantiers d’immeubles (mais pas seulement): le recours systématique au BÉTON BANCHÉ. Celui-ci n’obéit à aucune nécessité technique, excepté celle de permettre à des entreprises de BTP semi-industrielles d’amortir un matériel (banches métalliques, grues de chantier), matériel sans doute déjà amorti depuis longtemps. L’autre matériau qu’on ne devrait plus voir non plus est l’AGGLOMÉRÉ CIMENT, dit populairement « parpaing ». Ces matériaux, outre qu’ils gaspillent de précieuses ressources (cf. plus haut) et sont producteurs de CO2, sont de plus les pires du point de vue thermique.
Solution? Faire comme en Allemagne ou en Espagne: utiliser pour les murs la brique creuse, de préférence à rupture de joint. C’est un excellent matériau, qui utilise une ressource largement répandue (l’argile), ne nécessite pour sa cuisson que la moitié de l’énergie nécessaire à la fabrication du ciment, ne provoque aucune décarbonatation et présente des caractéristiques thermiques bien plus intéressantes.
Le béton banché et l’aggloméré ciment devraient vraiment être TOTALEMENT PROHIBÉS.
Et on ne devrait plus voir sortir de terre des immeubles prétendument H.Q.E., arborant en extérieur des claustras en bois (pour « faire écologique »!), claustras qui en fait cachent des murs constitués du pire matériau qui soit, mais bardé de panneaux isolants dispendieux dont on pourrait diminuer la quantité si on utilisait la brique à rupture de joint.