Rénover le bâti existant et lutter contre la précarité énergétique

Suite à l’élaboration d’un diagnostic et d’une stratégie sur l’habitat et l’urbanisme (voir Bâtiment, urbanisme et habitat - Les enjeux), le Bassin d’Aurillac, le Carladès et la Châtaigneraie souhaitent planifier un habitat et un urbanisme plus vertueux en termes d’énergie et de climat.
Dans ce cadre, toutes les propositions seront étudiées.

Alors, selon vous, comment rénover le bâti existant et lutter contre la précarité énergétique ?

Propositions du Club Climat issues de l’atelier du 4 février :

  • Autoriser la pose de PV dans les sites classés (limiter les pouvoirs des architectes des bâtiments de France)

  • Encourager l’investissement individuel et lever le frein de la précarité par des aides financières

  • Aide à la constitution de dossiers et à la recherche d’aides

  • Programmes de rénovation avec l’OPAH ou autres

  • Rénover en priorité des bâtiments du centre-ville pour encourager l’utilisation des logements existants et faire revivre le centre-ville

  • Lever les freins administratifs

  • Travailler avec l’ABF

  • Désigner un référent « Eco » sur le territoire pour informer, constituer des dossiers et suivre la maitrise d’œuvre

  • Mettre en place un guichet unique de conseil

  • Suivre les travaux et mesurer réellement l’apport des travaux de rénovation

Le compte-rendu complet est ici : Comptes-rendus Ateliers Club Climat

Autoriser la pose de photo-voltaïque dans les sites classés? Ouh la la! Pourquoi pas sur la toiture de Saint-Géraud ou de l’hôtel de Noailles!
Je caricature, c’est vrai. Mais méfions-nous des fausses bonnes idées.
L’ABF devrait être un garde-fou contre les horreurs en secteur patrimonial. Son poste obéit à une nécessité. Reste à savoir s’il joue bien son rôle.
Et la vérité oblige à dire que… NON.
En effet, si l’ABF est en général tatillon vis-à-vis des particuliers, force est de reconnaître que, lorsqu’on lui demande son avis pour un projet émanant de la collectivité ou d’un gros promoteur, il est d’un laxisme confinant à l’incompétence. Des exemples? Les ABF successifs, à Aurillac, ont donné leur aval à l’immeuble au coin du cours Monthyon et de l’av. Gambetta, à la démolition d’un immeuble magnifique place St Étienne remplacé par une construction immonde, au crépissage en maints endroits du rempart (auquel un immeuble a carrément été appuyé impasse Sourniac), à la démolition de grands immeubles monumentaux de l’av. de la République et de l’av. du 4-Septembre, à l’atroce immeuble de la rue de l’Olmet qui vient s’appuyer sur le mur de la préfecture, à la démolition de l’ancien moulin abbatial place des Ocks et à l’éventration de cette place, sans parler du projet monstrueux de l’îlot St Géraud, autorisé par l’ABF mais finalement retoqué grâce au ministère. Liste non limitative.
En revanche, ils appliquent une interprétation littérale excessive et absurde de la notion de zones protégées (quand il s’agit de projets individuels). Exemples: obliger à mettre de la tuile canal sur un abri invisible de la rue, dans une rue où aucune maison n’est couverte en tuile canal, sous prétexte qu’on est dans le périmètre du château St-Étienne, qui est invisible de la rue (et la toiture en question est invisible depuis le château); interdire la pose de panneaux solaires sur des toitures situées dans des périmètres de protection alors qu’elles sont invisibles; exiger des palettes de couleurs de menuiseries (alors que les huisseries PVC fleurissent un peu partout en dépit de la réglementation); sans parler des modes qui rendent incompréhensible la réglementation (dans les années 70, enduits grattés; années suivantes, interdiction des enduits grattés; généralisation des badigeons à partir des années 90, etc.).
L’impression qu’on ressent est que les ABF, traumatisés par les avanies que leur font subir les politiques et les gros constructeurs, se vengent sur les particuliers! Ce qui est pitoyable.
Personnellement, je suis très attaché au respect du patrimoine architectural. Mais la façon qu’on a de le protéger ne marche pas. Trop de réglementation rend celle-ci inefficace et mal ressentie. La seule solution pour un patrimoine respecté est de donner au public l’amour de ce patrimoine. Il faut donc enseigner le patrimoine à l’école (ça passionne les élèves) et faire en sorte que ce sujet devienne vraiment l’affaire de tous… avec évidemment la collaboration des CAUE et des ABF. Mais dans une démarche éducative et pas répressive.

Le suivi des travaux me paraît essentiel, sous peine de voir l’argent public dilapidé dans des rénovations bidon (cas de l’OPAH des années 80, qui a abouti à la création de ce qu’il faut bien appeler par son nom: des taudis neufs). C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement avec les isolations à un euro, parfois bien réalisées mais souvent bâclées par d’authentiques escrocs.